De juillet 2023 à février 2025, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) a travaillé en étroite collaboration avec l’Autorité fiscale égyptienne afin d’appuyer le programme national de réforme fiscale de l’Égypte. Cette collaboration visait à résoudre les problèmes structurels persistants du système fiscal égyptien, notamment le faible ratio impôts/produit intérieur brut (PIB), l’importance du secteur informel, les lacunes en matière d’audit et de contrôle de la conformité, ainsi que le traitement préférentiel accordé aux entreprises publiques.
L’intervention de la CEA était alignée sur la stratégie nationale de développement durable, Vision 2030, ainsi que sur les objectifs de mobilisation des recettes intérieures, en particulier pour les centres chargés des grands contribuables et les secteurs à haut risque. Elle portait principalement sur la fourniture d’une assistance technique, de services consultatifs stratégiques et sur le renforcement des capacités. En outre, la CEA a aidé l’Autorité fiscale égyptienne à moderniser les méthodes d’audit, à renforcer la mise en conformité des contribuables et à introduire des normes internationales relatives à l’information financière, à l’estimation des risques transfrontières et à la fiscalité des entreprises publiques.
Ce partenariat a produit des résultats concrets. Entre juillet 2024 et avril 2025, le total des recettes fiscales de l’Égypte a augmenté de 38 %, avec des hausses sensibles des recouvrements au titre de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les sociétés et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Le nombre de litiges fiscaux a diminué, en particulier au Centre chargé des grands contribuables nº 2, où 80 % des litiges ont été réglés. Pour la première fois, les contributions fiscales des entreprises publiques ont doublé, à la suite de l’application de la loi nº 159 de 2023, qui a instauré un traitement fiscal équitable pour les entités publiques et privées.
Malgré ces avancées, plusieurs difficultés persistent, notamment une législation fiscale complexe et fragmentée, un recours excessif aux mesures d’incitation fiscale, des capacités techniques insuffisantes et une intégration encore limitée des outils numériques. Afin de combler ces lacunes, il est recommandé d’accélérer l’automatisation, d’harmoniser les procédures d’audit dans l’ensemble des bureaux fiscaux et de revoir les mesures d’incitation fiscale et les seuils juridiques.
Le partenariat entre l’Égypte et la CEA montre que l’assistance technique et la coopération régionale peuvent favoriser une mobilisation des recettes intérieures durable, équitable et efficace. Il sera essentiel de préserver cette dynamique afin de bâtir un système fiscal équitable, moderne et efficace, capable de soutenir un développement inclusif et de renforcer la résilience budgétaire.
